1995 : le Directeur général des prisons du Portugal, Marques Ferreira, nouveau venu dans la profession et manifestement pas "affranchi" (au sens que les truands donnent à ce mot) dénonçait les situations "illicites, de corruption et d’injustice"qu’il constatait dans les prisons. Il appelait à une "croisade de moralisation". Il en fut la première victime, obligé de démissionner début 1996.
1996 : Les prisonniers portugais victimes de corruption et d’injustice sont entassés dans des conditions inhumaines : un taux d’occupation de 247 % dans les prisons nationales, de 503 % dans des prisons régionales. La mortalité (par suicide...) est effrayante : 106 morts (pour 10 000 prisonniers) entrés pour la plupart jeunes et en bonne santé. 23 mars 1996 : A Caxias, 180 prisonniers refusent, après la promenade, de rentrer à plusieurs dans une cellule. Pour toute réponse à cette demande tout à fait légale (la loi prévoit expressément une cellule individuelle) le ministre de la "justice" Vera Jardim et le nouveau directeur général des prisons, Celso Manata leur envoient les forces anti-émeutes qui les massacrent en leur tirant dessus à bout portant à la balle de caoutchouc et en les frappant systématiquement avec la plus grande violence.